Arnold Roth: "Le terrorisme a cessé d’être un concept théorique et même un simple sujet de discussion politique ( qu’il est je pense pour la plupart des gens) pour ma famille et moi-même ..."

Publié le par reinerschleicher.over-blog.com

Réflexions d’Arnold Roth

[Arnold Roth est le partenaire israélien de l’Alliance Internationale Contre le Terrorisme. Père d’une jeune victime du terrorisme, il préside la Fondation Malki créée en mémoire de sa fille et tient avec son épouse Frimet le blog « This ongoing war ».]

Le terrorisme a cessé d’être un concept théorique et même un simple sujet de discussion politique ( qu’il est je pense pour la plupart des gens) pour ma famille et moi-même il y a presque 10 ans. Malki, notre belle et innocente fille, a été assassinée le 9 août 2001, lors d’une attaque terroriste du Hamas au centre de Jérusalem, ville où nous habitons.. Elle avait 15 ans.. Cela a totalement changé nos vies.

Depuis ce jour ma patience envers les gens qui appréhendent le terrorisme et les terroristes de manière stupide, confuse et superficielle a totalement disparu. Le terrorisme n’est pas une sorte de débat sur les droits humains. C’est une menace existentielle contre l’humanité et la survie de la société civile. Le terrorisme et tous ces gens qui parlent en son nom, doivent être combattus de la même façon que nous mènerions une guerre pour notre survie contre n’importe quel autre ennemi. Leur but est de nous détruire. Mais leur rhétorique est présentée en termes idéologiques et (fréquemment) religieux. Aussi, bien des gens se trouvent déroutés, neutralisés et incapables de prendre les décisions basiques à même d’y parer. Cette confusion, cette désorientation et la paralysie morale et conceptuelle qu’elle produit sont une menace mortelle pour tout ce qui a de l’importance dans nos vies.

Mon épouse et moi-même sommes déterminés à rester en dehors du processus politique, peu importe la façon dont est défini le concept « politique ». Nous avons des opinions bien tranchées, c’est certain. Nous préférons les canaliser à travers deux sortes d’activités très spécifiques.

-Tout d’abord nous avons créé une fondation à la mémoire de Malki, grâce à laquelle nous réalisons des actions bonnes et constructives au bénéfice de familles israéliennes ( juives, chrétiennes musulmanes, druzes et autres) qui s’occupent d’enfants sérieusement handicapés.

La fondation s’appelle Keren Malki (1). Elle n’a absolument aucune dimension politique. Elle répond aux mêmes valeurs humanitaires que celles qui ont illuminé la vie de notre fille assassinée. Elle est soutenue par des dons que nous recevons d’amis et de soutiens du monde entier mais pas des gouvernements. Keren Malki soutient des thérapies paramédicales (thérapie physique, thérapie de la parole etc.) et fournit des équipements aux particuliers pour les enfants très sérieusement handicapés afin que l’enfant puisse rester dans le cadre familial et que les parents puissent avoir le choix de décider de garder l’enfant à la maison sans être contraints de le placer dans une institution. On les aide à choisir de le soigner chez eux si tel est leur désir. Nous-mêmes avons une enfant très sérieusement handicapée de 16 ans aujourd’hui, et nous comprenons combien il est difficile de choisir de garder un tel enfant chez soi. Keren Malki est très efficace sur le plan des coûts avec un personnel salarié qui se compose de deux personnes et d’un consultant à temps partiel. Mon épouse, moi-même ainsi que cinq amis formons le comité de direction et nous sommes tous des bénévoles non payés. En 9 ans Keren Malki a apporté son soutien à des milliers de familles.

Notre seconde action et de nous exprimer et d’ écrire sur les dangers du terrorisme en général, et surtout sur le terrorisme jihadiste dirigé contre les Juifs depuis 140 ans. Nous tenons aussi un blog appelé « la guerre en cours » (2)

Sur notre blog nous mettons l’accent sur le prix que la société israélienne et des communautés du monde entier sont en train de payer par suite des succès incessants des terroristes et de ceux qui les soutiennent. Certains de ces soutiens s’expriment ouvertement et on les entend dans les discours de certains dirigeants religieux et politiques. Mais une bonne partie vient de journalistes, d’analystes et de théoriciens politiques et elle est beaucoup plus subtile. Ces gens sont parfois surpris par nos critiques car ils ne se perçoivent pas comme pro-terroristes.

- Un très bon exemple ces derniers jours a été donné par le chef du gouvernement turc, personnage qui n’a ni l’apparence ni le discours d’un terroriste et qui est un homme sérieux et cultivé. Nous n’avons rien à dire de sa politique, mais par contre nous ne sommes pas du tout d’accord avec ses paroles et ses actes à propos du terrorisme. Il a été interviewé mercredi dernier lors d’un programme important « Charlie Rose » à la télévision, sur la chaîne nationale PBS aux États-Unis et le bulletin disait :

« Le Hamas n’est pas une organisation terroriste, c’est un parti politique » a dit Recep Tayyip Erdogan, Premier Ministre turc, à « Charlie Rose » de PBS, dans une interview passée mercredi soir : « Laissez moi vous passer un message très clair, je ne considère pas le Hamas comme une organisation terroriste. Le Hamas est un parti politique et c’est une organisation. C’est un mouvement de résistance qui tente de protéger son pays sous occupation. Aussi nous ne devrions pas mélanger les organisations terroristes et une telle organisation. » Voilà ce qu’a dit Erdogan. (3)

Ceci est une absurdité dangereuse. Le Hamas ne cache pas son programme terroriste, et est classé comme terroriste par les agences de l’Union Européenne et les autres gouvernements. Il demande ouvertement qu’on soutienne ses buts terroristes qui incluent l’élimination d’Israël de la carte du monde. Si le Hamas n’est pas un groupe terroriste alors qui donc est terroriste ? La définition du mot terrorisme a-t-elle un sens pour M. Erdogan ?

- Le juge Heinz Uthmann de Hambourg a dit que Madame Merkel a fait quelque chose qui mérite des sanctions pénales. Son « délit » est d’avoir exprimé de façon claire et non ambiguë un soutien verbal pour des mesures qui ont mis fin à la carrière d’un des terroristes les plus cruels et les plus meurtriers au monde. La vie et la carrière de Ben Laden sont à l’heure actuelle des sources d’inspiration pour d’innombrables terroristes. Souhaitez-vous que cela continue et réussisse ? Ou préférez-vous le stopper ? De toute évidence le juge conçoit le défi que pose Ben Laden et le Jihadisme comme une espèce de discussion politique, dans laquelle chaque partie est autorisée à avoir un point de vue. Les vues de chaque partie, selon lui, méritent d’être entendues et de recevoir la considération respectueuse de citoyens impartiaux. La vie, lorsqu’on pense ainsi, n’est qu’une sorte de société de débats.

Si c’est ce que le juge pense, alors peut être que cet homme est dangereux. Le point de vue qui sous-tend les poursuites qu’il a engagées contre Mme Merkel sont incompatibles avec la nécessité de protéger les institutions de l’Allemagne et de la société européenne.

Je me demande ce qu’il est possible de faire pour changer des idées aussi stupides.

J’espère que l’initiative prise par le groupe NZT (4) de faire réfléchir les membres de Facebook sur le terrorisme, pour les aider à comprendre combien il est essentiel de le combattre par tous les moyens à notre disposition, sera une réussite.

Arnold Roth Jérusalem

(1) http://www.Kerenmalki.org

(2) http://thisongoingwar.blogspot.com

(3) source : http://www.Jpost.com/MiddleEast/Article.aspx?id=220358

(4) contact : neinzumterrorismus@groups.facebook.com

Traduction : Danielle Lévy

 

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