Nein, Frau Merkel! aber auch: Nein, Herr Femsohn!

Publié le par reinerschleicher.over-blog.com

Nein, Frau Merkel
Editorial de la semaine du 05/02/2011
Par Marc Femsohn pour Guysen International News

 

Les troubles qui frappent actuellement l'Egypte ont eu, cette semaine, une conséquence plutôt inattendue, celle d'avoir relégué au rang d'information mineure la visite de la chancelière allemande Angela Merkel et de la moitié de son gouvernement en Israël.


 Certes, depuis que les deux pays ont échangé des ambassadeurs en 1965, les relations se sont banalisées, néanmoins Willy Brandt, le premier chancelier à se rendre en Israël, les qualifiait de "relations normales à caractère spécial".
 
Certes, Angela Merkel, née après la deuxième guerre mondiale, assurait encore le 8 mai 2010 qu'elle "s'engagerait toujours contre l'antisémitisme".
Certes, elle rappelle régulièrement "le lien indéfectible entre l'Allemagne et Israël" en déclarant : "toute atteinte à la sécurité d'Israël équivaut à une atteinte à la sécurité de l'Allemagne".
 
Voilà enfin un pays qui est un véritable allié de l'Etat d'Israël; l'Allemagne de la Bundeskanzlerin Frau Merkel est très "korrekt"…
 
Mais voilà, Frau Merkel, pensant être devenue l'amie d'Israël, s'est permise, lors de sa visite à l'université de Tel Aviv, où elle a reçu le titre de docteur "honoris causa", de critiquer vivement la politique de notre gouvernement en estimant qu'Israël, de par sa politique de construction en Judée-Samarie et à Jérusalem-est, posait des obstacles au processus de paix.
 
Frau Merkel s'est montrée fort agacée, faisant la leçon au Premier ministre, lui expliquant que "le temps est compté, qu'il faut absolument faire des concessions douloureuses". L'élève Binyamin Netanyahou se défendit, expliquant que son "gouvernement est celui qui a construit le moins en Judée-Samarie et à Jérusalem-est".
 
La prestation de la chancelière allemande et la réaction de notre Premier ministre mirent à rude épreuve mes nerfs d'Israélien, fier de son pays, et de Juif amputé de la moitié de son Peuple par l'Allemagne.
Que l'on me comprenne bien. Je ne l'ai jamais caché, j'estime qu'il faudra, malheureusement, passer par des concessions "douloureuses" pour aboutir, je l'espère pour nos enfants, à la paix. Je suis en faveur d'échanges de territoires, mais, bien entendu, il y a pour moi deux tabous: Jérusalem, capitale éternelle de l'Etat d'Israël et du Peuple juif, et "le droit au retour" des Palestiniens qui signifierait la fin de notre Etat.
Mais je n'accepte pas que la chancelière allemande, sous prétexte qu'elle est notre "amie" nous donne des conseils et fasse la morale à notre Premier ministre sur notre territoire.
 
Nein, Frau Merkel, vous n'êtes pas notre amie, votre pays n'est pas notre "ami". D'ailleurs, de tous les pays européens c'est précisément le peuple allemand, supposé être si accablé, qui exprime la plus grande antipathie pour Israël (77% des personnes interrogées) selon un sondage datant de 2010. 51 % des Allemands affirmaient déjà en 2004 que "le traitement des Israéliens à l'égard des Palestiniens équivalait à celui des Nazis par rapport aux Juifs".
68% estimaient "qu'Israël menait une guerre d'extermination vis-à-vis des Palestiniens". Des chiffres à méditer, Frau Merkel, avant de déclarer votre pays comme étant un ami d'Israël.
 
Vous avez le devoir moral de nous soutenir, eu égard au passé de votre pays, en cela vous êtes notre alliée. Mais vous avez une dette, et, par conséquent, il est tout à fait normal que vous souteniez le peuple juif sur sa Terre d'Israël. Nous revendiquons même le droit de nous tromper sans que cela ne vous confère celui de nous donner un conseil, et certainement pas sur notre sol.
 
Moi, héritier des victimes des crimes imprescriptibles de votre pays, je ne vous donne pas le droit, Frau Merkel, de nous dire où les Juifs peuvent habiter, quelle doit être ma capitale, quelles sont les concessions qu'il nous faudra faire.
 
Je ne vous ai jamais entendu "donner des conseils" à votre amie la France. Vous traitez d'égal à égal avec le président Sarkozy. Vous ne demandez pas à Paris de faire des "concessions douloureuses" lorsque vous avez des divergences de vue. Vous n'adoptez pas ce ton condescendant comme vous le faites avec les dirigeants israéliens. Les réparations financières aux rescapés ne vous autorisent pas à adopter un ton paternaliste à notre égard.
 
Mais ma colère s'adresse également à Binyamin Netanyahou, lorsqu'il se justifie face à ces critiques, se retrouvant ainsi dans la position de l'accusé, faisant se retourner dans sa tombe son père spirituel, Menahem Begin.
Monsieur le Premier ministre, quelle humiliation ! Vous, héritier de Menahem Begin, de Dov Shilansky, disparu il y a seulement quelques semaines, et de Zeev Jabotinsky, vous vous faites "gronder" par la représentante du peuple allemand et, de surcroit, vous vous défendez en répondant que "les constructions sont en diminution par rapport aux gouvernements israéliens précédents".
 
Monsieur le Premier ministre, je vous demande de ne pas oublier que vous êtes le représentant d'un peuple souverain, que les autres pays, aussi puissants soient-ils, se doivent de respecter.
 
Il serait enfin temps de mettre un terme à ces vieux réflexes dans les relations entre l'Allemagne et les Juifs.
Frau Merkel, votre peuple, il y a moins de 70 ans, jeta ma famille dans les ghettos de Lodz, de Varsovie et de Brest-Litovsk, puis les déporta et les extermina à Auschwitz, Treblinka et Bergen-Belsen, raisons pour lesquelles j'ai souhaité vivre aujourd'hui en Juif libre dans mon pays.
 
Frau Merkel, nous autres Israéliens, ne voyons aucun inconvénient à ce que vous habitiez à Berlin, capitale réunifiée de la nouvelle Allemagne. Souffrez que les Juifs habitent à Jérusalem, capitale éternelle et réunifiée de l'Etat d'Israël

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mon commentaire:

Je comprends que vous ne considerez pas mon pays comme votre ami; Je comprends avec regrets.
Je trouve que l’Allemagne n’a pas le droit de declarer les relations avec Israel comme normal ou comme amical, c’est à Israel de le dire ou pas le dire. Je ne suis pas d’accord avec l’attitude de Mme Merkel. Même si autres gouvernements jugent utile de donner des conseils à Israel, comme la France (le pays ou je vis depuis 15 ans), ce n’est pas la même chose.

Mais vous utilez ma langue dans le but de polemiser et discrediter, mais je vous prie de bien vouloir penser que l’allemand était aussi la langue de juifs allemands, de Brecht, de Goethe, de Heine et pas seulement la langue de Hitler, de Riefenstahl ou de Goebbels, elle ne devrait pas utilisé dans le but de discrediter quelqu'un de langue allemande.


Vous ditez que l antisemitisme en Allemagne est importante, c’est malheureseusement vrai. Mais quand j’ai demandé à Guysen de soutenir nos actions contre une exposition antisemite dans la ville de Cologne depuis un an, donner ces informations à vos lecteurs et spectateurs, je n’ai pas reçu une réponse, pourquoi?

Accuser les allemands d’être antisemite c’est facile; aider ceux la-bas qui luttent contre l’antisemitisme est bien plus utile, je trouve.

Et: L'Allemagne, le pays, n'est pas votre ami, d'accord. Si l'Allemagne n'est pas un pays ami, est-il pour vous un pays neutre ou un pays ennemi ?

 

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